Hanna Che – The woman she used to be and the woman she became

Aujourd’hui, je suis une femme confiante et fonceuse. Je connais mes défauts et je ne travaille qu’avec mes qualités. Je me lance des fleurs à tous les jours et c’est comme ca que je reste positive. C’est la forme que prend mon self love. Je brise des murs pour prouver un point. Je ne fais jamais rien pour rien. Ma joie de vivre importe plus que tout. Je veux être une femme heureuse.

NOM: Hanna Che

ÂGE: 29 ans

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Être une femme

Qu’est ce qu’être une femme en 2018? Selon moi, c’est de faire la nuance entre la femme que je suis présentement, la femme que je veux devenir et la femme que je devrais être selon la société.

 

Je suis dans un environnement qui me rappelle constamment que je suis privilégiée d’être la femme que je suis. J’ai la chance de faire ce que je veux, dans le sens où je n’ai pas besoin de l’approbation de personne pour vivre ma vie. Mes décisions, mes conséquences.

 

C’est en prenant le temps de me concentrer sur mes besoins personnels et professionnels que je suis devenue Hanna. Mon self-love journey a commencé en 2013, lorsque j’ai ouvert ma boutique. Je me suis donné le droit de prendre des décisions pour moi, sans me sentir mal. J’ai commencé à percevoir ma vie selon un autre angle, en quelque sorte.

 

Aujourd’hui, je suis une femme confiante et fonceuse. Je connais mes défauts et je ne travaille qu’avec mes qualités. Je me lance des fleurs à tous les jours et c’est comme ca que je reste positive. C’est la forme que prend mon self love. Je brise des murs pour prouver un point. Je ne fais jamais rien pour rien. Ma joie de vivre importe plus que tout. Je veux être une femme heureuse.

 

Être une femme noire au Québec

C’est tellement compliqué d’écrire sur être une femme noire au Québec. Avant tout, je tiens à préciser que je suis québécoise d’origine haïtienne. Je me fais souvent juger quand je le dis surtout de mes proches. Le Québec ne t’accepte même pas alors pourquoi veux-tu dire que tu es Québécoise. C’est un point que chacun vit à sa façon. Pour ma part, je ne connais que ça. Je suis née ici. C’est chez moi autant que c’est chez toi.  Je fais face, par contre, à un problème. Quand tu es une femme noire avec une plateforme, on te place directement dans des catégories. On me demande constamment de parler de black feminism ou de féminisme intersectionnel. On me parle automatiquement de sujets qui me rappellent que je suis une femme qui à la peau noire. Je tiens à préciser que cela vient de femmes racisées aussi.

 

Je ne souhaite pas être perçue comme la porte-parole d’une autre femme noire. Je ne suis ni une activiste, ni une militante. Même si j’aime discuter de tout ce qui se passe dans la société et que je suis ouverte à donner mon opinion, je veux aussi avoir l’occasion de prendre un café tranquillement, et de discuter de tout et de rien. Bien qu’importantes, certaines conversations finissent par devenir lourdes. J’aimerais bien qu’on puisse parler de comment on peut avancer, tous ensemble sans regarder la couleur. Un rêve.

 

Être une femme qui pose pour The Womanhood Project

J’ai hésité plusieurs fois avant de confirmer ma participation à ce projet. Je n’ai rien contre la nudité. Mais le fait d’être à moitié nue sur Internet me dérangeait. C’était peut-être l’appréhension du jugement négatif des autres qui me freinait. Comme plusieurs femmes, dès mon plus jeune âge, j’ai ressenti de la difficulté à me sentir à l’aise avec mon corps.

 

On ne parle pas beaucoup de skinny/thin shaming, mais ça existe aussi.

 

«Tu es trop mince, trop maigre.» «La sexy» (terme qui est généralement utilisé par les haitiens qui veut aussi dire que je suis trop maigre ou trop mince selon leur intonation de voix) «Tu ne manges pas. Tu es anorexique. Tu fais une diète. Tu n’es pas curvy comme les autres. Tu as vraiment des petites jambes. Ton bras! Ah mais toi t’as pas besoin d’aller au gym. T’es belle mais trop maigre. Tu as besoin de viande. T’as vraiment pas de corps. T’es TELLEMENT petite.» Je les ai tous entendus.

 

Ces paroles m’affectent toujours aujourd’hui, mais moins souvent que lorsque j’étais plus jeune. Malgré tous ces commentaires négatifs que j’ai reçus au cours de ma vie , ma participation à ce projet est un pas de plus vers l’acceptation de mon corps. Quand je regarde ces photos, je me trouve superbe.