Geneviève – An imperfect body can still be loved

” Ce corps haï que je comparais à celui des autres, qui n’était jamais assez bien, jamais assez mince, jamais assez lisse. Ce corps qui réagissait à cette anxiété qui me dévorait. Ce corps qu’on mutile, qu’on juge, qu’on critique, qu’on laisse dépérir. ”

NOM: Geneviève

ÂGE: 29 ans

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J’ai appris à détester mon corps. À lui livrer un combat cruel et dur qui m’a miné longtemps. Ce corps haï que je comparais à celui des autres, qui n’était jamais assez bien, jamais assez mince, jamais assez lisse.

 

Ce corps qui réagissait à cette anxiété qui me dévorait. Ce corps qu’on mutile, qu’on juge, qu’on critique, qu’on laisse dépérir.

 

Tranquillement, j’ai réalisé que je traitais mon corps comme je me traitais moi-même. Comme quelque chose qui ne mérite pas d’être aimé. J’étais obsessive. Je passais des heures devant le miroir à scruter mon visage, mes cuisses, mon sexe, mes mains. Puis, avec le temps, en apprenant à me connaître, en misant un peu plus sur ce que j’aimais de moi, en me parlant, en faisant entendre cette voix apaisante, qui disait, «Tu es toi. Tu es valide », j’ai désappris à me regarder comme je le faisais, à ne plus être aussi dure avec moi devant le miroir et dans le regard de l’autre.

 

Apprivoiser son corps. Apprendre à lui donner du plaisir. Apprendre à aimer mes petits seins, à faire face au fait que je prends du poids, que mes cheveux deviennent blancs, que mon corps vieillit, qu’il se transforme. Et embrasser cette évolution.

 

Avec ce désir de s’accepter soi est aussi venue une prise de conscience qui m’a permis d’aller au-delà de moi-même, au-delà des normes. J’ai réalisé un jour que je ne m’identifiais ni comme « femme » ni comme « homme ». Que ces catégories, ces genres, sont construits et qu’ils ne sont que des boîtes qui nous sont imposées. J’ai embrassé le fait d’être pansexuelle et d’être gender-fluid, j’ai appris à me départir de tout ce qui était oppressant par rapport à mon corps et à mon individualité. J’avais enfin la possibilité de superposer les codes et d’apposer mon propre langage sur mon identité. Ce langage, cette idée de modifier les termes, de transformer ma perception de moi-même a été une expérience salvatrice.

 

J’ai décidé de me dire: «Tu es belle, tu n’es pas parfaite, mais c’est tant mieux. Surtout, sois toi pour toi. Pour personne d’autre.»